Qu'est-ce que tu fais pour les vacances ?
Malgré une amabilité proche de celle du pitbull de Goering, je fus cet hiver invitée par un groupe d’individus se réclamant de mes amis à partager une semaine de vacances dans un chalet savoyard. Vous imaginez la surprise !
Moi la râleuse, la pimbêche, l’insatisfaite chronique, la pessimiste irrémédiable, la bêcheuse patentée, voire, la conne de service, moi qui suis capable de pourrir même une soirée chez les bisounours… ils m’invitent à passer une semaine avec eux ! Mais invitez Machiavel directement !
Il passe parfois de drôles d’idées dans la tête des gens.
Qu’est-ce qui a bien pu vous conduire à imaginer un truc pareil ?! M’inviter à partir en vacances avec vous, et du même coup envisager de passer une semaine avec moi ! Mais quand vous m’aurez croisée une fois au réveil, que vous aurez tâté de mon haleine matinale et de mon humeur d’avant café (la pire de la journée, j’adore), quand vous m’aurez entendue dénigrer systématiquement toutes vos initiatives, que je vous aurai contredit dans toutes les conversations, mais vous n’aurez qu’une envie : me désintégrer et envoyer mes atomes se faire moléculer dans une fosse sceptique !
Mais non, me disent-ils en chœur, comme s’ils avaient préparé l’entretien, on sait bien qu’au fond tu n’es pas le monstre que tu te plais à camper. Et puis tu sais on est dans le même chalet, mais chacun vit sa vie. On n’est pas obligé de rester collés les uns aux autres. Chacun paie sa part, et après tu peux très bien te laver les dents avant de descendre déjeuner. Et si t’as pas envie de faire la bouffe, tu feras la vaisselle. Et puis quoi, merde, un peu de collectivité ça te fera pas de mal, t’es tellement chiante avec ton caractère à la con. On n’est pas encore parti que tu commences déjà à nous emmerder. Ben ça va être gai ces vacances. Moi j’étais pas d’accord pour qu’elle vienne, je vous avais prévenu. Mais non ! « La pauvre, elle est toute seule, ça lui changera les idées… » Mon cul !! J’pars pas en vacances pour faire du social. Et j’en ai rien à péter qu’elle ait des gros nichons. Les pétasses, c’est pas c’qui manque à Megève.
Le bougre a réussi à me convaincre. Après tout, une petite semaine de fraîcheur dans cette morosité quotidienne ! Il faut parfois prendre sur soi, et entendre la réelle humanité lorsqu’elle émane d’un ami sincère. Pour un peu, je serais tombée amoureuse. Mais ça m’aurait fait trop plaisir…
SL
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