chroniques lunaires
Haïkus
Une goutte de sel Un bras sort de la mer Et m’appelle. Une goutte de sang Je parle au présent, aux absents Mes amis ont vieilli Mes amis se sont éloignés pour vieillir Et ma page me reste Je suis seul avec les fous m’accompagnent Mes pieds se racornissent...
Avale l'anse
Je regarde le monde en face Ma rétine est poisseuse Et mon ventre agité Je regarde le monde en me tournant le dos J’ai encore faim malgré la peur Et si grand appétit Je ne sais que me taire Je n’ai construit qu’attente Fuite, et dérision Une ironie de...
Traces d’hiver
Le jour sombre, et la nuit s’en tape Combien de mots me sont offerts Combien de temps à laisser faire Le jour sombre, et je m’échappe. J’ai vu la mer en manteau blanc Traces d’hiver Jour cinglant J’ai vu la mer en goéland Et bu l’écume au goût de sel...
Le cul du monde
Que tous les indiens de la Terre Tous les mutants de l'univers Et tous les zombies des enfers Les milices révolutionnaires Les dames pipi les dactylos Les ouvriers les hauts-fourneaux Les marins pêcheurs les maquereaux Les militants, les Roméo Que tous...
Demi Chant
Je crois te comprendre à demi-mot A demain l’ami t’y es trop tôt A un autre jour, deux mies de pain Deux demis d’amour, demi de rien A demain toujours n’oublie pas de m’écrire Écrire à demi-mot pour ne jamais choisir Je crois te chercher à ciel ouvert...
La vie des bêtes
Mort aux vaches, folles Aux ovins aphteux Aux bovins spongiformes Débarrassez les bœufs Achevez le cheptel N’oubliez pas les veaux Et laissez par les monts Rôder la quarantaine Sacrifiez sur l’autel Tous les p’tits moutons blancs Ici ils ont la fièvre...
Rimembert
Je me souviens d’un temps où les poules volaient. Elles vagabondaient et perçaient les nuages : c’était mardi, il pleuvait. Je me souviens d’un train qui roulait vers le sud. C’était un beau roman, couverture griffée et papier haut vélin, qui nous racontait...
The idiot
J’me cache pas je n’vois pas derrière quoi d’abord, pourquoi s’cacher si j’observe le vent et le temps l’air de rien sans autant croire en vain qu’ça m’tombera tout braisé dans les mains. J’ai plus peur de la mort c’est à coeur de l’accord mais juste...
La vérité décence
Mystérieuse anamorphose de l'âme licite Concupiscent acharné pour une prose explicite du vers coagulé, mais le sang me compose et explose en forme, ose avec énorme pose la cause, la norme des choses Causalité normalité morose réalité le terme exploité...
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