Haïkus
Une goutte de sel
Un bras sort de la mer
Et m’appelle.
Une goutte de sang
Je parle au présent, aux absents
Mes amis ont vieilli
Mes amis se sont éloignés pour vieillir
Et ma page me reste
Je suis seul avec les fous m’accompagnent
Mes pieds se racornissent
Et mes dents se déchaussent
Je sais qu’une lueur aspire
Ma peau brûle
Je connaîtrai demain
Et la peur
Se confondent
J’ai trois vies, très étroit.
J’ai la mort au chevet
J’ai l’amour au tiroir
Et dessus un réveil, mais je ne l’entends pas
Une brune insolente
Une brune indolente
Ont sonné à ma porte
J’ai fermé les yeux et la fenêtre
Page d’airain
Page de fonte
Page d’ennui
J’ai du plomb dans la gueule
Je suis vulgaire
Et j’encule ma mère en enfer
Je me sers en premier
Ce monde est sans issue
Je ne veux plus être homme
L’humanité est douloureuse
L’humanisme une violence absurde
L’idiot est en moi, et vous en êtes un autre.
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